Après Frédéric Durand, un deuxième éleveur de bovin allaitant, Thierry Dufour, à Reuville, propose son retour d'expérience sur le paillage au bois déchiqueté. Sa stabulation abrite 75 UGB de début novembre à début avril.
tas de boisAyant eu la possibilité de récupérer du bois tombé suite à la tempête, il a produit environ 110 m3 (30 tonnes sèches) de plaquettes en juin 2013 avec la CUMA Haien'ergie et territoire. L'opération a duré 3h30 pour un coût de 900 € soit 27 € par tonne en coût de revient à comparer au 60 € par tonne de paille en prix de marché. Ces 110 m3 de bois représentent l'équivalent de 30 tonnes de paille. Il a d'abord utilisé ce bois sur une couche de 20 cm dans la travée des veaux complétée chaque semaine par une couche de 5 cm pour maintenir la litière propre.
L'éleveur s'est aperçu de l'amélioration de la qualité sanitaire de la litière et du fait que les veaux se couchaient spontanément sur la litière bois.
Ce test concluant l'a amené à étendre le paillage bois à l'ensemble du bâtiment sous forme d'une couche de base de 15 à 20 cm, recouverte de paille tous les jours. Il n'a pas pu utiliser uniquement du bois car il n'avait pas de stock suffisant. En théorie, pour remplacer la paille par le bois il faut substituer la paille par le même tonnage de bois. Une tonne de bois sec (4 m3 à 25 % d'humidité) absorbe autant qu'une tonne de paille, soit environ 1 200 L de liquide. Toutefois, le bois utilisé en base de paillage ne se tasse pas comme les brins de paille ce qui assure un meilleur drainage des jus et facilite le curage.
litière boisL'objectif de monsieur Dufour n'est pas de remplacer complètement la paille par le bois mais d'être autonome en paille. Or, il lui manque 40 tonnes de paille qu'il récupère chaque année dans le cadre d'un échange paille-fumier. Grâce au bois cette année, il n'a pas eu besoin de faire l'échange. Le paillage bois a donc permis à monsieur Dufour d'économiser 40 tonnes de paille cet l'hiver.
Par ailleurs, l'éleveur signale que le bois ne chauffe pas comme la paille dans la litière. Cela peut être un handicap pour le confort des animaux mais dans son cas, cela améliore plutôt la qualité sanitaire du bâtiment car iln'y a pas de vapeur d'eau qui remonte du sol. Cela a permis à l'éleveur de faire des économies sur le produit qu'il utilisait jusque-là pour améliorer l'absorption de la litière.
Enfin un point d'attention est à souligner : si le bois est utilisé auprès d'animaux qui sont habitués à la paille, ils grattent et secouent le bois et s'énervent. En particulier les taurillons. Il vaudrait donc mieux habituer les veaux au bois dès le début.
En conclusion, le bois est une solution économiquement et techniquement adaptée. C'est à étudier très sérieusement pour qui manque de paille et/ou possède des linéaires d'arbre à entretenir.