porcs3 éleveurs de porcs en Seine-Maritime ont récemment franchi le pas du chauffage biomasse de leurs bâtiments d'élevage. Un cap délicat à passer du fait de l'investissement important que requiert ce type d'équipement. Les 3 élevages sont de dimension similaire pour la partie chauffée par la chaudière biomasse, à savoir le post-sevrage et l'engraissement. De plus, dans les 3 cas, la chaudière biomasse vient remplacer un système de chauffage électrique et impose donc l'achat d'un réseau d'émetteur à eau chaude.

 

 

 

 

 

 

 

 

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L'investissement se trouve donc être assez proche dans les 3 exploitations concernée : entre 70 000 € et 80 000 €, dont la moitié environ concerne le système de distribution de la chaleur vers les bâtiments et dans les bâtiments d'élevage.

 

Economies directes
La biomasse, qu'elle soit auto-produite, récupérée ou achetée à l'extérieur a un coût de revient très largement inférieur à l'éléctricité utilisée auparavant dans les 3 élevages.  Cependant, l'économie réalisée sur ce poste n'est pas si importante, car le passage à une source d'énergie bon marché est surtout envisagé comme une possibilité d'augmenter la température de chauffage et la ventilation des bâtiments.

 

Economies indirectes
En effet, le retour sur investissement est surtout attendu de manière indirecte par l'amélioration de l'état sanitaire de l'élevage. Grâce à l'augmentation de la température dans les bâtiments et à l'augmentation de la ventilation, on constate :

  • une amélioration de l'état sanitaire des animaux et donc des économies en frais vétérinaires et une baisse de la mortalité
  • une baisse de l'indice de consommation (ratio du poids d'aliment ingéré sur le poids de carcasse des animaux à l'abattoir) car ils consomment moins d'énergie pour se réchauffer. En finition engraissement, l'optimum de température se situe autour de 24°C.

Enfin, l'augmentation de la ventilation améliore sensiblement les conditions de travail dans les bâtiments, car l'air et plus sec et moins chargé en ammoniac.

 

Distribution de la chaleur
Trois systèmes de distribution de la chaleur existent :

  • Les plaques à eau chaude en maternité. Le seul éleveur, parmi les 3, qui dispose d'une maternité a renoncé à raccorder la maternité à la chaufferie bois, car le coût du remplacement du dispositif de lampe chauffante électrique par les plaques à eau chaude était prohibitif. De plus, la conduite technique des plaques chauffante est plus délicate que les lampes infrarouge.
  • Les tuyaux à ailettes ont été choisi par les 3 éleveurs rencontrés, car c'est un système efficace qui fourni une chaleur homogène et requiert peu d'entretien.
  • les aérothermes : Ils sont moins coûteux mais ne permettent pas une bonne uniformité de chauffage sauf s'ils sont situés en préchauffage dans la gaine de ventilation. Ils doivent être régulièrement nettoyés à l'air pressurisé.

 

De façon générale, il est encore difficile de tirer un bilan complet du chauffage biomasse sur ces élevages, car les intérêts indirects doivent être évalués par rapport à des moyennes régionales sur plusieurs années. En effet, la comparaison avec les années précédentes sur un élevage donné peut être faussée par les variations annuelles des conditions climatiques, sanitaires et de la composition des aliments.

Enfin, lorsque l'on aborde la question de l'efficacité énergétique des élevages, il est important de signaler que 80 % des déperditions thermiques du bâtiment sont liées à la ventilation. A ce titre, lorsque la conception du bâtiment le permet, un échangeur air-air permet de récupérer 35 % de la chaleur contenue dans l'air qui sort du bâtiment. Toutefois, ce type d'équipement est difficilement envisageable sur des bâtiments qui n'ont pas été conçus avec des entrées et sorties de ventilation centralisées.

>>> A lire : une étude de Rhône-Alpes (ADEME / Domélio)