Retour sur la journée d'information "Agroforesterie" du 11 mars.

 

L'agroforesterie est un mode d'utilisation du sol qui introduit des arbres dans les systèmes de culture et qui permet la production d'arbres et de culture ou de bétail sur la parcelle. En agroforesterie, les arbres font partie intégrante du système de production.

En premier lieu, il faut être très clair sur les objectifs que l'on se fixe, et cela à long terme car l'agroforesterie engage sur une période de 60 ans pour la vente en bois d'oeuvre, vente qui permet d'atteindre une véritable rentabilité de la démarche.

 

L'agroforesterie

crédit photo Agroof

Parmi les objectifs que l'on peut se fixer, on distingue principalement :

  • la capitalisation dans du bois d’œuvre à long terme qui ne pénalise pas trop les rendements des cultures si la densité de plantation d'arbre est inférieure à 50 arbres par ha et que les lignes d'arbre sont orientées Nord-Sud. Le bois produit est de très bonne qualité et permet de se positionner sur des essences rares en forêt qui ont plus de chance de trouver un marché.

  • l'investissement à plus court terme dans une conduite en arbres tétards destinés au bois de chauffage (bois déchiqueté ou bûches) avec une récolte tous les 10 à 12 ans. Mais dans ce cas, la haie semble plus appropriée que des arbres intra-parcellaires

  • la plantation de fruitiers ou d'arbres mellifères. Il faut alors veiller à la hauteur de la greffe qui doit être au moins située à 2 mètres pour donner droit aux aides PAC

  • l'amélioration de la lutte intégrée : les bandes arborées hébergent les auxiliaires dans et favorisent le développement de la biodiversité

  • l'amélioration des sols : l'agroforesterie permet d'augmenter le taux de matière organique et favorise l'apport d'amendement (en particulier par les essences légumineuses)

  • l'agroforesterie peut aussi être pensée comme une transformation progressive d'une parcelle agricole en parcelle forestière en maintenant au début une culture agricole ou inversement, la transformation progressive d'une parcelle forestière en parcelle cultivée en laissant grossir les bons arbres

  • la préservation de la ressource en eau. Les arbres en parcelle cultivée aident à lutter contre l'érosion des sols par une meilleure infiltration de l'eau et la fixation de l'azote résiduel

L'ensemble de ces objectifs peut être cumulé en associant plusieurs essences dans un même alignement d'arbres ou plusieurs conduites différentes selon les essences mais tout cela doit être, dès le départ, priorisé par objectif.

La conduite technique doit être particulièrement soignée :

  • Assurer le suivi régulier des arbres surtout au début en les taillant tous les ans et en s'assurant que leur enracinement soit profond afin de ne pas concurrencer les cultures. Le temps à dédier et de 1 à 2 jours / an / ha.

  • Faire attention à la complémentarité avec les cultures de la rotation (éviter les cultures de printemps : lin, Betterave...)  ou les cultures à enracinement profond (luzerne) qui se retrouvent en concurrence avec les arbres dans l'accès aux ressources du sol ou à la lumière.


Les coûts de mise en place vont de 20 €/arbre en parcelle de culture jusqu'à 70 €/arbre dans les prairies avec animaux (car il faut , dans ce cas, protéger les arbres)


Les agricuteurs peuvent bénéficier d'aides conséquentes (de l'ordre de 80%) pour la mise en place de l'agroforesterie sur leurs parcelles :

  • le PVE (Plan Végétal et Environnement)

  • la mesure 222 du PDRH (Plan de développement rural hexagonal), uniquement pour les parcelles situées dans les bassins d'alimentation de captage

  • la fondation « Good planet » pour les arbres têtards.

 

Pour tout complément d'informations, contactez Romain Fredon aux Défis Ruraux.
Pour réaliser une étude de faisabilité, contactez Yann Pivain à la chambre d'Agriculture de l'Eure.