Compte-rendu de la journée de visite du 4 Novembre 2011.

Visite de chaudières collectivesLe 4 novembre 2011, 34 élus et techniciens représentant 14 collectivités ont assisté à tout ou partie d'une série de 4 visites de chaufferie bois en Seine-Maritime. Cette journée avait pour but l'information sur les atouts et les contraintes du chauffage au bois des bâtiments publics de petites collectivités.
Le circuit partait de la maison des forêts à Saint-Etienne-du-Rouvray puis passait par la mairie de Notre-Dame-de-Bondeville avant de découvrir la toute première chaufferie bois déchiqueté collective du département à l'école de Jumièges (installation en 1991). Enfin M. Ropers, maire de Vatteville-la-Rue, a présenté la démarche originale de sa commune forestière qui valorise le bois bûche pour chauffer le groupe scolaire municipal.

 

Des solutions adaptées à chaque situation

Les chaufferies visitées ont été choisies pour leur diversité :

  • Combustibles : 2 chaudières granulés, 1 au bois déchiqueté et 1 au bois bûche.
  • Mode de gestion : les deux premières chaufferies font l'objet d'un contrat d'exploitation pour l'approvisionnement et la maintenance alors que les 2 suivantes sont gérées en direct par la commune. La maintenance est assurée par du personnel communal.
  • Environnement urbain ou rural : nous avons vu que les chaufferies urbaines utilisaient le granulé et faisaient appel à la gestion indirecte pour des raisons d'espace disponible, de ressources en bois et de compétences en interne, alors que les chaufferies rurales optaient plus facilement pour le bois déchiqueté ou la bûche et la gestion directe. Ces installations rurales constituent un moyen de réaliser des économies en gestion, de valoriser leurs ressources en bois quand elles en disposent et les compétences du personnel communal en plomberie ou en entretien d'espaces verts.
silo enterré chaudière bois

Des chaudières qui n’ont plus rien à envier à leurs voisines fonctionnant à l’énergie fossile

Chaudière boisCes visites sur site ont permis de lever un certain nombre de craintes sur l'emprise, les nuisances olfactives et sonore et la fiabilité des chaudières au bois. Les rendements des matériels modernes sont très proches de ceux des chaudières aux énergies fossiles et une chaufferie granulé peut être aisément installée en lieu et place d’une chaudière fioul.
Les témoignages des élus et techniciens en charge de ces chaufferies ont également apporté un éclairage positif sur ces équipements : après une phase de réglage, lors de la première année de mise en service, toutes ces chaufferies ont un fonctionnement satisfaisant en phase de « croisière » et l'économie importante réalisée sur le combustible ainsi que le bilan carbone neutre du bois-énergie finissent de remporter l'adhésion du plus grand nombre.

Une belle montée en puissance

Partie d'un état des lieux plutôt mauvais en 2004 avec seulement deux chaufferies collectives à biomasse* dans le département, la Seine-Maritime rattrape son retard puisqu'elle compte désormais 23 chaufferies collectives en fonctionnement et autant en projet. Ce développement rapide doit beaucoup au soutien de la Région et de l'ADEME dans le cadre du "Plan bois énergie et développement local" régional. Les ressources disponibles en bois forestier et bocager encore sous-exploitées dans la région doivent permettre, à terme, d'accompagner ce développement en garantissant la proximité de l'approvisionnement et des prix indexés sur le coût de la main d'œuvre.


* La biomasse désigne l'ensemble des matières organiques d'origine végétale, animale ou fongique pouvant devenir source d'énergie par combustion (ex : bois énergie), après méthanisation (biogaz) ou après de nouvelles transformations chimiques (agrocarburant).